jeudi 17 août 2017

CE QUE JE PEUX AFFIRMER, C'EST QU'IL N'EST PLUS EN VIE !

La Palisse !
En voilà un qui fait encore bien parler de lui !
Pas en raison de ses faits d’armes, non, mais en raison de petites phrases qui ont pris son nom, les « lapalissades ».
Les « vérités » qu’il ne cessait de dire étaient d’une telle évidence qu’elles en étaient comiques, aussi se moquait-on d’en rire. Il passait alors, un tantinet, pour un benêt.
Ce fut ainsi qu’une chanson fut écrite. En voici le dernier couplet :

M. de la Palisse est mort,
Mort devant Pavie
Un quart d'heure avant sa mort
Il faisait encore envie !

Jacques II de Chabannes, dit Jacques  de La Palisse, né en 1470 à La Palisse dans le Bourbonnais fut un vaillant capitaine, sous le règne de François 1er. Il décéda à Pavie, en Italie, le 24 février 1825.
Il est à noter qu’il servit trois monarques : Charles VIII, Louis XII et François 1er.
Sa veuve, marie de Melun, fit inscrire sur son monument funéraire, l’épitaphe suivante :

Ci-gît le Seigneur de La Palice
S’il n’était mort il ferait encore envie

Cela est devenu : « Monsieur de la Palisse, cinq minutes avant sa mort, il était encore en vie ! »
Quelle évidence, bien sûr, quoique........

Il faut préciser, toutefois, que Mr de la Palisse vivait au XVIème siècle et que le langage était légèrement différent que celui que nous utilisons aujourd’hui.
Alors, cette petite phrase n’est pas « évidente et comique » comme on le prêtant, car, « en vie », signifie se battre, faire la guerre.... donc...
Monsieur de la Palisse n’est pas mort dans son lit, mais sur le champ de bataille les armes à la main :
« Cinq minutes avant sa mort, il  était encore « en vie », il se battait vaillamment ! »

Voilà !
Je suppose que, dorénavant, vous penserez différemment à ce brave soldat mort pour la France à Pavie.



LECTURE DE LA PRESSE !

Articles du « journal de Rouen ».


Et voilà la ville de Rouen endeuillée …….

1763 – février/mars, un homme honorable

Le 25 février.
« M. l’abbé de Germont, conseiller-clerc de la Grande Chambre du Parlement, est mort hier sur les neuf heures du soir, âgé de 79 ans. Il avait été reçu en 1709. Sa charité envers les pauvres, en fit l’ami de l’humanité ; sa pénétration, un grand Magistrat, sa droiture et sa fermeté, un citoyen toujours enflammé par l’amour du bien public. Quoiqu’enlevé à la justice et au public, il vivra par les regrets du Sénat, par les pleurs des Infortunés et par le respect de ses Concitoyens, tendres admirateurs de ses vertus.»

Quel bel éloge !

Le 4 mars, nous pouvons encore lire, concernant l’Abbé de Germont.

« Jamais la France n’eut à regretter un plus zélé défenseur de ses droits et de ses précieuses libertés, la Province un meilleur Citoyen, la Justice un Ministre plus recommandable, les pauvres, enfin, un Père plus tendre, plus compatissant et plus généreux. Pendant le cours d’une longue vie, la vérité et la charité exercèrent constamment un égal empire sur son cœur : la première de ces vertus le rendit inaccessible à toute brigue, supérieur à toute épreuve et disposé à tout sacrifier ; la seconde lui fit oublier ses propres intérêts pour ne consulter que les besoins de l’humanité. »


Tout a été dit en quelques lignes, sauf que :
L’Abbé jacques Christophe de Germont, sieur de Mesmont, était né le 12 février 1684, dans la paroisse de Saint-Nicaise à Rouen. Son père, Nicolas Germont, était avocat au Parlement.
Il entreprit des études de théologie et de droit à la suite desquelles, à partir de 1709, il exerça des fonctions cléricales et judiciaires. Il fut ensuite reçu conseiller-clerc en la Grande Chambre du Parlement.
Ses dons en faveurs d’établissements d’assistance furent très importants. En 1728, il donna à l’hospice générale 30 000 livres en rente viagère et 14000 livres à l’Hôtel Dieu.
Sensibilisé par la détresse des enfants pauvres, il s’attacha à promouvoir l’accès des plus démunis à la connaissance et à l’éducation.
En 1761, il effectua un don de 10 000  livres pour démarrer la construction d’un établissement où furent élevés avec le lait des animaux, les enfants de l’hospice.
Deux en plus tard, il consacra 60 000 livres à la fondation de crèches destinées aux enfants exposés au tour.

Quelques mois avant son décès, sa générosité n’avait pas faiblit car il fit rédiger un testament léguant tous ses biens en faveur des plus démunis. Le journal de Rouen ne manqua pas d’en faire état :
« L’ouverture de son testament faite le 25 au matin, aprit (ainsi dans le texte) qu’au mois de juillet dernier il avait disposé en faveur de l’hôpital général de ses meubles meublans (ainsi dans le texte), chevaux, bestiaux, grains, boissons harnois et de la terre de Grainville qu’il faisoit valoir ; effets que l’on estime à plus 20000 livres. »

L’abbé de Germont décéda donc le 24 février 1763. Un service solennel fut célébré dans l’église de l’hôpital. Tous les pauvres purent y assister.

Cet hommage perdure encore à ce jour puisque Rouen possède une rue « de Germont » qui se situe non loin de la rue Eau de Robec.



Vente de jambes de bois...... garanties longue durée !

14 avril 1780


« Le sieur Beuvin a le talent de faire des jambes de bois qui imitent les naturelles ; on peut chausser un soulier aisément ; elles sont bien dégagées, légères et faciles à marcher. Il demeure chez mademoiselle Voisin, marchande de corps, rue Damiette. »

Besoin d’une jambe de bois ?
N’hésitez pas alors, surtout qu’elle sera comme une vraie….., un peu raide peut-être !
Mais n’ayez pas peur, Mademoiselle Voisin, marchande de corps, ne va pas déterrer les cadavres dans les cimetières, les nuits de pleine lune. Non !
Une marchande de corps était le nom de l’ancêtre de la marchande de mode.
Une jambe de bois, bien habillée, bien camouflée et, ni-vu, ni-connu, personne ne voit la différence !
N’y aurait-il pas une mode à lancer ?


Mais comment est-il décédé ?

26 octobre 1781

Nous avons perdu le 4 de ce mois, Messire Louis-François Duval, Prêtre, Chanoine Régulier de la Congrégation de France, Prieur-Curé de la Paroisse de S. Jean de cette Ville.
C’est à la mort que l’on prise au juste les hommes ; ce digne Curé est regretté de tous ses Paroissiens, & il le méritoit ; il recherchoit & prévenoit les besoins, & ne souffrit jamais l’humiliacion (sic) que d’honnétes (sic) gens ressentent en les exposant. Son amour pour la paix égala sa charité ; & pendant une administration assez longue, on ne vit point à sa paroisse ces divisions qui en affligent tant d’autres : heureux celui de qui on en peut dire autant quand il n’est plus !
Rouen – Paroisse Saint-Jean, le 5 octobre 1781.
Le cinquieme jour du mois d’octobre lan mil sept cent quatre vingt un le corps de discrette personne messire Louis françois Duval prêtre chanoine regulier de la congregation de france prieur curé de cette paroisse age de soixante huit ans huit mois décédé du jour d’hier a été inhumé dans le caveau de cette église par moy soussigné pretre chanoine regulier de la congregation de France prieur de St Lo labbaye en presence de Mr françois Devaux Louis thierry tresorier de la ditte paroisse  vu le permis de Mr lieutenant général criminel en datte du quatre present signé maillet de couronne collationné Quillebeuf.

Alors là ! Je n’ai rien trouvé d’autre et pourtant, j’aurais aimé, car une phrase m’intrigue au plus au point dans l’acte ci-dessus :
« vu le permis de Mr lieutenant général criminel en datte du quatre present signé maillet de couronne collationné Quillebeuf. »

Cela veut-il dire que Louis François Duval aurait été assassiné ?
Aucun journal n’en a fait état. Alors ?


jeudi 10 août 2017

Article du Journal de Rouen - novembre 1764

9 novembre 1764

« Le 3 de ce mois, jour de S. Hubert, les Gardes-chasse du Comté de Brionne ayant été reconnoître un Bœuf sauvage, qui s’étoit retiré depuis quelques mois dans les bois de Calleville, il fut forcé par quelques cavaliers, et après avoir été poursuivi au-delà de la ville de Brionne, il fut pris et tué de l’autre côté de la rivière de Risle qui avoit passé à la nage. Cet animal couroit avec la vitesse d’un cerf ; et sans le secours des cavaliers, il eût été impossible de le prendre. On a sçu (sic) qu’il s’étoit échappé d’une bande de bœufs conduite au Neubourg au mois de juillet dernier ; qu’il y avoit blessé dangereusement deux hommes, et que jamais il n’avoit été possible de l’assujettir à l’attache comme les autres de son espèce. La nuit il s’approchoit des villages, et le jour il se retiroit dans les bois. Sa présence dans le canton avoit jetté (sic) l’épouvante parmi les gens de la campagne. Plusieurs avoient la simplicité de le croire charmé, et lui attribuoient la maladie de quelques personnes mortes dans une Paroisse voisine ; sa mort a dû leur prouver le contraire, et les rassurer contre toute crainte. »


Le Neubourg était réputé pour sa grande foire aux bestiaux et ses marchés qui, aux XVIIème  et  XVIIIème   siècles, avaient lieu trois fois par semaine.

Le lundi, celui pour les bestiaux avait une importance considérable.
Dès 1207, les bouchers de Rouen venaient faire leurs achats en cette cité qui était devenu le rendez-vous du gros bétail qu'on amenait du Pays d'Auge et d'autres lieux. A cette époque, le rassemblement s’effectuait le mardi.
Ce marché fut installé le lundi en 1674.
 En 1726, Le Neubourg était présenté comme l'un des plus beaux marchés de France (environ 40000 têtes de bétail passaient chaque année).
Le mercredi pour toutes les espèces de marchandises.
Le vendredi pour les grains
Le commerce du grain venait en second rang après celui des bovins.
En 1812, 25 à 30 000 quintaux de grains alimentaient chaque année le marché du Neubourg. Plus près de nous, en 1900, il s'y est vendu 101 656 quintaux. Aujourd'hui ce marché a disparu.

En dehors de ces rassemblements de bovins et de grains, de nombreuses professions se donnaient rendez-vous sous la halle, propriété du seigneur du lieu.
En effet, il existait sur la place Dupont de l'Eure une Halle couverte, démolie en 1850.
Par exemple, on y trouvait en 1698 :
31 bouchers, 2 corroyeurs, 13 savetiers, 3 cordonniers, 8 tanneurs, autant de drapiers,           17 merciers, 5 chaussetiers, 4 boulangers, 13 échoppiers.

 (infos du site de la ville du Neubourg)

Article du Journal de Rouen - mai 1767

Histoire anglaise

22 mai 1767

« On apprend de Bulwell, en Nottigham-Hire, que Madame Melville, épouse de M. Melville, Marchand de Toile en cette ville, est grosse de son 28e enfant depuis 16 ans de mariage : elle a 22 enfans (sic) vivans (sic) qui se portent bien. »


Pas de possibilité, malheureusement, de découvrir les divers actes de naissances. Mais,          28 enfants en 16 ans !!!!  Ouah ! Cela valait le coup de vous soumettre cette information.

Ce couple aurait, d’ailleurs comme beaucoup d’autres, pu obtenir le prix Cognacq-Jay.
En effet, ce prix a été créé en 1922 grâce à un don de 20 000 francs or donné à l' Institut de France, récompensant annuellement 300 familles nombreuses, ayant eu au moins cinq enfants, voire souvent beaucoup plus.

Les généreux donateurs en étaient :
Ernest Cognacq, né en 1839 à Saint-Martin-de-Ré et Marie Louise Jay, née le 1 juillet 1838 à Samoëns.
Ils s’étaient unis en 1872 et n’avaient jamais vu leur désir d’avoir des enfants se concrétiser.


Un de mes grands-oncles bretons a obtenu ce prix, je crois après la Première Guerre Mondiale……. Je ne sais pas combien d’enfants étaient nés de leur mariage. Je vais vérifier tout cela !

mercredi 2 août 2017


Un petit article trouvé dans le journal de Rouen......
Un remède qui date depuis des décennies !!!


3 novembre 1780

« M. Nicolas Delarue, Curé de Celloville, près Rouen, y est mort le 23 septembre dernier.
L’homme qui remplit bien les devoirs de son état, est toujours regretté, mais celui qui passe une grande partie de sa vie à soulager l’humanité, excite des regrets bien plus vifs ; c’est ce qu’à fait M. le Curé de Celloville. Médecin habile, il pansoit de ses mains et fournissoit gratis aux pauvres les drogues nécessaires ; il donnoit à tous de sages avis ; aussi sa mémoire sera long-temp (ainsi dans le texte) chère à la Province.
Il a laissé dépositaire de ses lumières M. Soury, prêtre, Chapelain à Alizay, près le Pont-de-l’Arche. »


Nicolas Delarue, curé de Celloville, légua donc sa solution à base de plantes qu’il avait inventée au milieu du XVIIIème siècle, à l’abbé Gilbert Soury (1732-1810), solution préconisée en cas de troubles de la circulation et qui portait à l’origine le nom de « tisane des deux abbés ».
Par la suite, au XIXème siècle, baptisée « Jouvence de l’abbé Soury », elle fut commercialisée d’une manière « industrielle ». Aujourd’hui, encore, après  presque 250 ans, ce produit est vendu, chaque année,  à 2 000 000 d’exemplaires.

Cette « tisane des 2 abbés » a traversé le temps et grâce à son effet « jouvence », elle n’a pris aucune ride !

Saint-Aubin-Celloville est une commune de Seine Maritime, entre Ymare et Boos, non loin d’Alizay.




mercredi 26 juillet 2017

MASSICOTI ! MASSICOTON !

Massicoti ! Massicoton !

Vous connaissez, bien sûr, cet outil bien utile pour couper, droit, net et sans bavure, plusieurs feuilles en même temps ?
Mais, par contre, je suis certaine que vous ne connaissez pas l’origine de sa dénomination.
Ce mot est utilisé depuis 1877, et son inventeur aurait été bien fier d’apprendre, avant son décès, qu’il passerait ainsi à la postérité. Oui, une « vie presque éternelle » parce qu’un jour, il eut cette idée de génie.
Guillaume Massiquot, naquit à Issoudun dans le département de l’Indre, le 19 fructidor an 5. D’abord mécanicien, il exerça ensuite le métier d’imprimeur.
Imprimeur, me direz-vous ? Oui ! Et voilà pourquoi il avait grand besoin d’une « cisaille »
Autre question. Pourquoi « massicot » et non massiquot » ?
Tout simplement parce qu’une erreur s’est glissée dans l’orthographe de son nom sur son acte de naissance. Une « coquille », dirait un imprimeur !
Guillaume Massiquot déposa le brevet de son invention en 1844.

Maintenant, lorsque vous massicoterez, avec un massicot, faisant de vous un massicoteur massicotant, vous aurait une petite pensée pour celui qui ne sera plus, pour vous, un inconnu, je veux parler de Guillaume Massiquot.

ETRANGE !

Une question qui attend réponse

11 janvier 1782

Lettre au rédacteur des annonces
Le 27 décembre 1781, le Fosseyeur (sic) de la paroisse de S. Ouen la principale de Pont-Audemer, en creusant une fosse, dans le Cimetiere (sic), rencontra un cofre (sic), dont le bois n’a reçu aucune atteinte par le temps, les clous même n’ont point senti la rouille : le corps qui y est contenu est comme si l’on venoit de le mettre en terre, ainsi que les linges qui l’envelopent (sic) ; il est d’un blanc que rien n’a changé. C’est ce qu’a vu M. le Curé & M. Bunel, Prêtre de la paroisse. M. le Curé a fait recouvrir le cercueil de terre, & marquer la place ; il en a informé M. l’Evêque de Lisieux, & doit faire mettre une croix sur le lieu. L’on assure qu’il y a 25 ou 30 ans, M. Lebvel étant alors Curé, on trouva ce corps dans le même état ; on ignore la personne & le temps qu’elle est en terre : dans ce temps, il étoit d’usage de faire les fosses d’une grande profondeur, & l’on mettait plusieurs corps dans la même ; dans toutes les autres il ne se trouva que des ossements. On voudroit savoir les causes naturelles ou physiques qui peuvent avoir conservé ce corps jusqu’à ce jour, sans qu’il soit endommagé : à MM. Les Physiciens seuls appartient de traiter cette matiere (sic) ; nous les prions de nous faire part de leurs remarques.

Un bien curieux phénomène qui m’a semblé intéressant de vous soumettre.
Certains corps se conservent. Pourquoi ?

C’est justement la question qui est posée.