lundi 10 octobre 2016

HISTOIRE VRAIE



Pour aujourd’hui, encore une histoire !
Rien de bien nouveau en cela allez-vous dire, car cela fait deux années déjà que je vous en raconte. Mais, celle-ci a quelque chose de différent.
Quoi ?
C’est une histoire « VRAIE ».

Voilà .......vous êtes bien installés ?


-=-=-=-=-=-


"Il est l'heure de goûter ! cria une voix provenant de la cuisine."

Des pas dévalant l’escalier se firent entendre, des voix aussi, plus ou moins graves, plus ou moins aigues.
Seul un petit garçon semblait ne pas avoir entendu.

Il faudra à la « voix de la cuisine » renouveler son appel à plusieurs reprises avant que l’enfant cesse sa captivante passion, avant qu’il bouge et qu’il rejoigne les autres déjà attablés devant le goûter annoncé.


Nous voilà quelques décennies en arrière, dans une maison bien modeste, dans la ville de Salzbourg en Autriche.
La demeure appartenait à un certain Léopold Mozart, musicien.

Léopold Mozart avait une réputation d’excellent pédagogue. Très sévère, très exigeant, il avait un caractère austère. Le seul mot qu’il semblait connaitre était « Travail ».

Il vivait là avec son épouse et ses deux enfants, mais aussi quelques élèves à qui il enseignait son art et qu’il logeait également sous son toit. Dans cette maison, ne résonnait que musique à tous les étages.

Madame Mozart, née Pertl, avait pour prénom Anna Maria.  Elle était tout le contraire de son époux. Toujours le sourire, toujours à blaguer et aimant les jeux de mots.

Le couple Mozart avait eu sept enfants, mais seuls deux survécurent après leur naissance.

Maria Anne, dite Mannerl, ayant hérité du caractère austère de son père.
Wolfgang,  dit  Wolferl, ayant lui le caractère jovial de sa mère, mais l’acharnement laborieux de son père.

Les deux enfants pratiquaient chacun plusieurs instruments. Doués de ce petit quelque chose qui fait les très bons musiciens. Wolfgang, toutefois, se montrait plus doué, avec une fibre imaginative sans précédent.
Il passait tout son temps devant le clavier cherchant, comme il disait : « les notes qui s’aiment », c'est-à-dire celles qui, ensemble, donnaient la meilleure harmonie.

Ah, j’oublie quelqu’un de très important !

Le chien Pimperl qui partageait avec les enfants de courts moments de détente. Wolfgang adorait le taquiner et lui tirer la queue, car malgré son génie le petit garçon était un enfant comme les autres, farceur et espiègle. Pimperl en bon compagnon se laissait faire.

Mais la réprimande paternelle arrivait vite. Je vous l’ai déjà dit, Papa Mozart ne riait jamais.

"Wolfgang, laisse cet animal tranquille. Arrête de lui tirer la queue ! Viens travailler."

Et voilà ! Hop, au boulot !

Avant de consacrer sa vie à l’éducation musicale de ses deux enfants, Leopold Mozart était au service du Prince-Archevêque de Salzbourg, auprès duquel il effectuait les fonctions de compositeur et maître de concert.
La virtuosité de ses deux enfants fit qu’il décida de les produire dans toutes les cours d’Europe.

N’imaginez surtout pas que la famille Mozart prenait le TGV, que nenni !

Ils se déplaçaient une diligence tirée par des cheveux. Sur le toit de celle-ci, un clavecin, précieux instrument bien protégé qui servait aux concerts. Confinés dans l’habitacle de la diligence, chaufferettes sous les pieds pour ne pas mourir de froid l’hiver, fenêtres grandes ouvertes pour ne pas étouffer l’été, les passagers étaient ballottés en raison des mauvais chemins dans cette voiture sans amortisseurs.
Bonjour le mal au dos !

Mais ne croyez surtout pas que pendant les interminables parcours ponctués toutes les sept lieues de relais pour les chevaux, Wolfgang et sa sœur se reposaient. Leopold en profitait pour leur apprendre la géographie, les langues étrangères, et toutes les autres matières : mathématiques, latin, grec et bien évidemment la musique, pas celle de la pratique instrumentale, mais les règles de solfège, de composition et d’harmonie. La pratique instrumentale, c’était chaque soir, à l’auberge.
Interdiction formelle de paresser !

Lors de son premier tour d’Europe, le petit Wolfgang n’avait que cinq ans.

Imaginez à présent....
Première étape, la cour impériale de Marie-Thérèse d’Autriche.

Dans le grand salon du château de Schönbrunn, les lustres de cristal reflétaient des milliers d'éclats de lumière sur les murs tendus de superbes tapisseries éclatantes et sur le sol au parquet luisant de cire, et les toilettes somptueuses et riches en couleurs des femmes qui, parées de leurs plus beaux bijoux, rivalisaient de beauté.
Un déploiement de richesses qui contrastait terriblement avec la vie des gens du peuple.

Wolfgang et Maria Anna vêtus d’habit d’apparat commencèrent à jouer. D’abord, Wolfgang tenant un petit violon, accompagné au piano par sa sœur.
Puis, Wolfgang seul au clavier jouant un foulard sur les yeux. Et encore plus exceptionnel, reproduisant d’oreille, une mélodie interprétée par un des convives.

Un silence religieux planait dans la salle, seuls quelques chuchotis admiratifs, de temps à autre.

Léopold était fier de montrer le talent de son jeune fils. Il espérait ainsi promouvoir son jeune talent et en tirer quelque argent.

Après cette exhibition, chacun et chacune félicitaient Wolfgang et son père qui jouait les modestes. Toutes les femmes prenaient le jeune virtuose sur leurs genoux et le couvrait de baisers.

Au bout d’un moment, l’enfant redevint un enfant et se mit à courir avec les autres petits présents à cet instant, sans être impressionné par le décor somptueux. Il avait envie de courir....

Tout à coup, le petit Wolfgang glissa et tomba et s’étant fait mal, il se mit à pleurer. Vous vous souvenez, il n’avait ce jour-là que cinq ans. Une petite fille, à peine plus âgée que lui vint près de lui, l’aida à se relever et le consola.
Remis de sa chute, ayant essuyé les larmes qui avaient coulé sur ses joues, le petit musicien se dirigea vers l’impératrice Marie-Thérèse et lui dit d’un ton solennel :

« C’est elle que j’épouserai lorsque je serai grand. »
-          Pourquoi ? s’enquit la souveraine un peu étonnée.
-          Parce qu’elle a été bonne pour moi !

Vous savez qui était cette petite fille ? Non !
Il s’agissait de Marie-Antoinette, fille de l’impératrice Marie-Thérèse.

Oui, celle-ci même que la raison politique donna comme épouse à notre roi Louis XVI, celle qui devenue reine de France mourut sous le couperet de la guillotine, le 16 octobre 1793, juste après la Révolution Française.

A cet instant même, je me demande, quel aurait été le cours de l’histoire, si Marie-Antoinette avait épousé Mozart, plutôt que le roi de France ?


Revenons à Schönbrunn en ce jour de fête, ne bousculons pas l’histoire. Laissons celle-ci en l’état.

Mozart devint le compositeur fabuleux que nous connaissons tous. Il paya cher l’exigence de son père. Déjà, de santé fragile, Mozart décéda à l’âge de trente-cinq ans.
Son œuvre nous reste, colossale.
Plusieurs siècles après son décès, il reste un « grand parmi les grands ».
Leopold a réussi ce qu’il souhaitait : voir son fils au sommet.
Hélas, cette gloire n’arriva que bien après sa mort.





Pour les plus grands :


Wolfgang Amadeus Mozart

Il naquit à Salzbourg, le 27 janvier 1756,  et décéda à Vienne le 5 décembre 1791.

Après la visite à Schönbrunn, les Mozart se dirigèrent vers d’autres cours d’Europe, dont Paris et Londres où l’enfant prit quelques cours de musique avec un des fils de Jean Sébastien Bach.

Sa sœur Maria Anna était cinq ans son aînée. Elle avait vu le jour le 30 juillet 1851. Elle décéda à l’âge de 78 ans, le 29 octobre à Salzbourg.


Leopold Mozart

Il naquit en Allemagne, à Augsbourg, le 14 novembre 1719 et décéda à Salzbourg le 28 mai 1787. Il est le père de Wolfgang.


Marie-Thérèse d’Autriche

Elle vit le jour le 13 mai 1717 à Vienne et mourut, dans cette même ville, le 29 novembre 1780. Au cours de son règne, elle fut surnommée, « La Grande ».
Elle eut seize enfants. Pour la plupart d’entre eux, elle négocia habilement le mariage avec les têtes couronnées d’Europe.


Marie-Antoinette

Elle vit le jour à Vienne, le 2 novembre 1755. En épousant en 1770, le dauphin Louis qui régna sous le titre de Louis XVI, elle devint Reine de France. Elle fut condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire et fut exécutée le 16 octobre 1793.








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