mercredi 26 juillet 2017

MASSICOTI ! MASSICOTON !

Massicoti ! Massicoton !

Vous connaissez, bien sûr, cet outil bien utile pour couper, droit, net et sans bavure, plusieurs feuilles en même temps ?
Mais, par contre, je suis certaine que vous ne connaissez pas l’origine de sa dénomination.
Ce mot est utilisé depuis 1877, et son inventeur aurait été bien fier d’apprendre, avant son décès, qu’il passerait ainsi à la postérité. Oui, une « vie presque éternelle » parce qu’un jour, il eut cette idée de génie.
Guillaume Massiquot, naquit à Issoudun dans le département de l’Indre, le 19 fructidor an 5. D’abord mécanicien, il exerça ensuite le métier d’imprimeur.
Imprimeur, me direz-vous ? Oui ! Et voilà pourquoi il avait grand besoin d’une « cisaille »
Autre question. Pourquoi « massicot » et non massiquot » ?
Tout simplement parce qu’une erreur s’est glissée dans l’orthographe de son nom sur son acte de naissance. Une « coquille », dirait un imprimeur !
Guillaume Massiquot déposa le brevet de son invention en 1844.

Maintenant, lorsque vous massicoterez, avec un massicot, faisant de vous un massicoteur massicotant, vous aurait une petite pensée pour celui qui ne sera plus, pour vous, un inconnu, je veux parler de Guillaume Massiquot.

ETRANGE !

Une question qui attend réponse

11 janvier 1782

Lettre au rédacteur des annonces
Le 27 décembre 1781, le Fosseyeur (sic) de la paroisse de S. Ouen la principale de Pont-Audemer, en creusant une fosse, dans le Cimetiere (sic), rencontra un cofre (sic), dont le bois n’a reçu aucune atteinte par le temps, les clous même n’ont point senti la rouille : le corps qui y est contenu est comme si l’on venoit de le mettre en terre, ainsi que les linges qui l’envelopent (sic) ; il est d’un blanc que rien n’a changé. C’est ce qu’a vu M. le Curé & M. Bunel, Prêtre de la paroisse. M. le Curé a fait recouvrir le cercueil de terre, & marquer la place ; il en a informé M. l’Evêque de Lisieux, & doit faire mettre une croix sur le lieu. L’on assure qu’il y a 25 ou 30 ans, M. Lebvel étant alors Curé, on trouva ce corps dans le même état ; on ignore la personne & le temps qu’elle est en terre : dans ce temps, il étoit d’usage de faire les fosses d’une grande profondeur, & l’on mettait plusieurs corps dans la même ; dans toutes les autres il ne se trouva que des ossements. On voudroit savoir les causes naturelles ou physiques qui peuvent avoir conservé ce corps jusqu’à ce jour, sans qu’il soit endommagé : à MM. Les Physiciens seuls appartient de traiter cette matiere (sic) ; nous les prions de nous faire part de leurs remarques.

Un bien curieux phénomène qui m’a semblé intéressant de vous soumettre.
Certains corps se conservent. Pourquoi ?

C’est justement la question qui est posée.

UN USURIER CONDAMNE !

Un usurier condamné

28 juin 1782

Le Parlement de Toulouse a donné depuis peu, contre un usurier, un juste exemple de sévérité : puisse-t-il  effrayer à jamais ces ennemis de leurs concitoyens, qui sacrifient à une cupidité criminelle, ceux qui ont besoin de leurs secours !
François Fournier Ravisson, Marchand du lieu de Fontavines, se faisoit un plaisir de prêter de l’argent à toutes personnes qui vouloient recourir à sa bourse, mais à raison de 60 pour cent d’intérêt : encore vouloit-il que l’on fît un cadeau à sa femme, à titre d’épingle, en faveur de la négociation. Il exigeoit de plus que l’emprunteur donnât un repas dans la meilleure auberge du lieu de sa résidence, à raison de 3 liv. par tête, de maniére (sic) que celui qui avoit besoin d’une somme réelle de 300 liv. étoit forcé, pour satisfaire aux conditions prescrites, de consentir sa lettre de change, ou son billet, de 498 liv. selon le calcul suivant :
Argent compté                         300 liv.
Bénéfice, 60 pour cent            180 liv.
Cadeau à la femme                    9 liv.
Repas pour 3 personnes             9 liv.
Total                                                  498 liv.
Le procès ayant été fait à Rabisson, Arrêt du 321 Septembre 1781, qui l’a condamné, pour fait d’usures & anatocismes, à être attaché au carcan, avec un écriteau devant & derriere (sic), portant ces mots : Usurier public, pendant 3 marchés consécutifs ; en 1200 l. d’aumône envers les pauvres du lieu de S. Agreve ; à 5 liv. d’amende envers le Roi, & au banissement (sic) du ressort pour 10 ans.
Cet Arrêt est rapporté dans le volume du mois de Mars 1782, des Causes célebres (sic) curieuses de MM. Desessarts & Richer, Avocats au Parlement.


60 % d’intérêt ! Voilà qui est criminel en effet.
Le repas ..... Il n’y a pas de petit profit !
Le cadeau à l’épouse ! Avec les intérêts qu’il prenait, cet homme aurait pu les payer lui-même.
Usurier, certes, mais aussi avaricieux !

J’aurais aimé vous en dire plus sur ce fieffé coquin ! Mais, il portait un nom bien courant et l’article ne donne pas trop de renseignements.
Après le procès, cet homme et sa famille ont sûrement plié bagages et sont partis bien loin, sans demander leur reste.


Les « Causes célèbres curieuses de MM. Desessarts & Richer, Avocats au Parlement » auraient pu me dévoiler les informations que je souhaitais. Les écrits y sont fort intéressants et il faudra que je retourne les consulter. Mais concernant l’usurier dont il est question, je n’ai rien trouvé.

mercredi 19 juillet 2017

JOURNAL DE ROUEN - MARS 1784

Un commerce immonde !

5 mars 1784

Arrêt du Conseil d’Etat du Roi, qui supprime le privilège exclusif de la traite des Noirs à Gorée & dépendances, & accorde en dédommagement, pour le terme & espace de neuf années, à commencer du premier Juillet prochain, aux Concessionnaires, Intéressés & Administrateurs de la Compagnie de la Guyane françoise, celui de la traite de la Gomme seulement, dans la riviere (sic) du Sénégal & dépendances, du 11 janvier 1784.

L’île de Gorée possède une bien triste histoire. La connaissez-vous ?

Gorée est une île du Sénégal, dans l'océan Atlantique, située à 4 kms au large de Dakar. Longue de 900 m, large de 300 m, elle a une superficie de 28 ha. Sa population s'élève à environs 1 000 habitants.
Gorée a été découverte, en 1444, par les Portugais qui commencèrent la « Traite des Noirs » en 1510.
En 1627, les Hollandais édifièrent un fort à Gorée, tandis que les Français s’installèrent le long des côtes.
Les Français fondèrent Saint-Louis en 1659, avant de se rendre maître de Gorée en 1677.
En raison de la qualité de sa rade, l’île devint le principal comptoir français d'Afrique occidentale, et le premier centre de commerce des esclaves.
La traite négrière contribua à renforcer la puissance des royaumes côtiers au détriment des Etats de l’intérieur.

S’ensuivit une rivalité entre Français, Hollandais et Britanniques pour le commerce de l’or, la gomme, les épices et les esclaves.
Finalement, la France obtient la totalité du Sénégal par le traité de Vienne en 1816.

Nommé gouverneur en 1854, Louis Faidherbe, Général français fonda Dakar en 1857 et en devient gouverneur. Il créa des contingents de tirailleurs sénégalais.
Les Tirailleurs sénégalais participèrent massivement à côté des troupes françaises aux combats de la Guerre de 1914/1918 :
·         180 000 hommes sont mobilisés
·         30 000 hommes sont tués
Ils participèrent également aux combats de la Seconde guerre Mondiale, et prirent part à la campagne d’Indochine (1945-1954) au cours de laquelle 2 300 Sénégalais y perdirent la vie.

Aujourd’hui, l'activité principale  de l’ile de Gorée est le tourisme. Elle présente des constructions coloniales d'une grande homogénéité, une esclaverie du XVIIIe siècle et plusieurs musées. L'île a été inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco.

C’est en tout onze millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains qui furent  réduits en esclavage entre le XVIème et la fin du XVIIIème siècle.



Commerce triangulaire, expression désignant le processus de la traite des Noirs de la fin du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle entre la France, l'Afrique et les Antilles. Les bateaux partaient de quatre ports : La Rochelle, Bordeaux, Le Havre et surtout Nantes (1 427 expéditions négrières de 1715 à 1789) qui fut le premier port négrier mondial au XVIIIe siècle. Ils embarquaient des verroteries, des armes, des bijoux. Arrivés en Afrique, au Sénégal le plus souvent, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où près de 5 000 Noirs étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus. L'armateur pouvait espérer 800 p. 100 de bénéfice ; la sécurité sur les mers était plutôt mieux assurée qu'au XVIIe siècle, et des dynasties de négriers assurèrent ainsi leur fortune : le Nantais Antoine Walsh arma 28 navires négriers à lui seul. Les révoltes d'esclaves étaient assez fréquentes à bord (17 pour les 427 expéditions de La Rochelle) et la mortalité, selon les cas, variait aux alentours de 15 p. 100 par voyage, ce qui était beaucoup plus que sur les navires hollandais.
Le commerce triangulaire permit largement l'édification des bâtiments les plus somptueux des grands ports négriers français et fut aussi en grande partie responsable de l'effondrement des anciennes sociétés africaines.



lundi 17 juillet 2017

QUE FAIRE ? Chapitre 16.



Dans la cour du collège, en ce jour de rentrée, ce fut pour la plupart des élèves un grand moment de retrouvailles. Eclats de rires, embrassades et potins de vacances emplissaient l’espace.
Les élèves s’inquiétaient peu de l’année scolaire à venir, profitant des quelques instants de sursis avant la sonnerie dictatoriale, les rappelant à l’ordre et imposant un silence que peu respectait.
Le principal  et le surveillant général, listes en main, appelèrent les élèves qui se regroupèrent à l’appel de leur nom, afin de former l’effectif de chaque classe.
Des cris de joie éclataient lorsque deux amis inséparables se retrouvaient ensemble.
Jeanne avait, comme tous les autres, retrouvé ses copains. Les discussions avaient tourné autour des vacances passées, mais pas si lointaines.
La vantardise était de mise, car chacun avait passé des moments inoubliables au superlatif plus, plus .....
Jeanne écoutait sans un mot, et son silence l’avait rendue, aux yeux des autres, totalement inintéressante, inexistante même !
Le brouhaha crescendo et decrescendo tour à tour, fut, à la fin de l’appel, accompagné du bruit des pas des rangs en marche et du claquement des portes ouvertes à la volée et retombant lourdement.

Dans la salle attribuée à son niveau, Jeanne alla s’asseoir tout au fond.
Ses amis, Océane, Lucie et Tristan, vinrent la rejoindre. Océane murmura :
« Ça va, Jeanne ?
Jeanne acquiesça d’un mouvement de tête.
« Ça a pas l’air. Tu n’as rien dit !
-          On se tait, cria le professeur qui aussitôt se présenta comme le professeur principal de leur classe et chargé de leur enseigner l’anglais.

Le prof cocha la feuille de présence et énonça la liste des fournitures indispensable pour bien travailler tout au long de l’année et que tous, bien évidemment, devaient se munir dès le lendemain. Puis, il demanda à chacun d’expliquer en anglais, bien sûr, ce qu’il avait fait pendant les deux mois de vacances, corrigeant prononciation et fautes grammaticales, rappelant la déclinaison des verbes irréguliers et précisant le vocabulaire. Des rires fusaient de temps à autre ainsi que quelques commentaires vite réprimés.

Arriva le tour de Jeanne qui sembla paniquée un instant. Puis, après quelques minutes de réflexions, elle prononça :
« Nothing !
-          Nothing ? répéta le professeur étonné qui s’attendait à tout sauf à cette réponse.
-          What did you do during the summer ? insista le professeur, pensant à une grande timidité de la part de son élève face aux autres.
Mais celle-ci répéta clairement : « Nothing ! »
Jeanne se mura alors dans un silence obstiné au point que le professeur n’insista pas et passa à l’élève suivante, Océane, qui se lança dans une interminable narration, une « british-tirade » que le professeur dut faire cesser afin de laisser la parole aux autres

Petit à petit, Jeanne s’isola du groupe d’amis dont elle faisait partie jusqu’à présent. Les autres, ne la trouvant plus intéressante la délaissèrent aussi.
Des amis ? Etaient-ils réellement des amis ?
Aucun n’avait cherché à savoir pourquoi ce « Nothing », et pourquoi, elle, si joyeuse était devenue si sombre.
Sombre ? Non, ils la trouvaient ennuyeuse, triste comme un bonnet de nuit, bêcheuse, même !

Ce fut ainsi, qu’au cours du premier trimestre, Jeanne s’était rapprochée d’une adolescente effacée, cible de toutes les farces et méchancetés des autres, tout simplement parce qu’elle ne possédait pas de portable et dont les vêtements étaient « ordinaires », et non des marques à la mode..... N’était-ce pas aussi, parce qu’elle était une bonne élève ?
Trop de différences forcent le rejet !

Jeanne et sa nouvelle amie, Solène, passaient beaucoup de temps ensemble à discuter et réviser les cours. Mais ne croyez pas qu’elles ne riaient jamais ! Non, du tout !

« Quel changement ! »  pensa Caroline surprise et ravie, en constatant les premières notes des contrôles de sa Jeannette.
Que s’était-il produit ?
Quel avait été le déclic de ce changement ?
Mais, elle n’osa formuler sa pensée à son ado de fille, mieux valait être prudente, se contentant d’apprécier à sa juste valeur, sa « nouvelle positive attitude ».


lundi 10 juillet 2017

Désertification médicale ?

On en parle beaucoup. Plus de médecin et surtout dans les campagnes.
Mais est-ce un phénomène dû à notre début de XXIème siècle ?
Pas sûr !

Vous en voulez une preuve ?

« Journal de médecine et de chirurgie pratiques à l’usage des médecins praticiens »
Année 1866

Monsieur le maire de Daubeuf-la-Campagne (Eure), informe les praticiens que sa
commune, située dans le canton du Neubourg, est privée de médecin depuis un an.

           
Alors ?

Convaincus ?

jeudi 29 juin 2017

Malbrough s’en va en guerre !




5 septembre 1783

Toutes les Modes ont disparu en un instant au nom de Marlborough ; les coiffures, les frisures, les habits, les chaussures, tout est à la Marleborough (sic) ; les enfants ne chantent autres choses, les aveugles jouent l’air dans les rues ; Si cet homme, trop celebre (sic), revenoit, il auroit lieu de s’étonner. On verra sans doute avec plaisir un extrait de sa vie : tout le monde ne lit pas l’Histoire ; les Romains sont bien plus intéressants.
Chruchill, d’abord comte, puis Duc de Marleborough (sic), nâquit (sic) en 1650 a Ashe en Angleterre, dans le Desvonhire (sic) ; il commença à porter les armes en France sous Turenne ; on ne l’appelloit (sic) à l’armée, que le bel Anglois. Mais le Général François qui s’y connoissoit,  jugea que le bel Anglois seroit un jour un grand homme.
Sa figure, les agréments de son esprit, le rendirent les délices de la Cour de Charles II, Roi d’Angleterre.
Mareleborough (sic) déploya ses talents militaires dans la guerre de la succession de 1701 : aussi grand politique & plus grand Capitaine que n’avoit été le Roi Guillaume, il avoit cette tranquillité  de courage au milieu du tumulte, & cette sérénité d’ame (sic) dans le péril ; en un mot, ce que les Anglois appellent Iold-head, tête froide.
Guerrier infatigable pendant la campagne, Marleborough (sic) devenoit Négociateur aussi agissant pendant l’hiver.

Qui était ce personnage ?

John Churchill, premier duc de Marlborough, naquit en mai 1650 en Angleterre.
Il était le fils de Winston Churchill (1620-1688) et Elizabeth Drake (1622 – 1698).

Il épousa Sarah Jennings le 1er octobre 1678.
Cinq enfants naquirent de leur union :
·         Henriette        1681 – 1733
·         Anne               1682 – 1716
·         John                1685 – 1702
·         Elizabeth        1688 – 1713
·         Mary               1689 – 1751

L’article campe un homme de bel allure, vaillant soldat et aussi habile négociateur, mais vous le saviez déjà, car ayant, j’en suis certain chanté de nombreuses fois la chanson, « Marlbrough s’en va en guerre ! ».
Oui, cette chanson dont les paroles datent du XVIIIème siècle, vit sa mélodie adaptée par les Anglais qui lui donnèrent le titre de : « For He’s a jolly Good Fellow ».
La chanson fut connue à partir de 1781,  sous la plume de Beaumarchais qui l’avait faite chanter par le page dans sa pièce « le mariage de Figaro ».
Cette chanson fut alors très en vogue, autant dans les villes, les campagnes qu’à la Cour du roi de France.


Second couplet !

12 septembre 1783

On ne le suivra pas dans toutes ses campagnes, dont la plus célebre (sic) est celle de 1704, si funeste à la France par la perte de la bataille de Hochtet ou Bleinheim, que les princes Eugene & Marleborough (sic) gagnerent (sic) au mois d’Août sur les Généraux François, dont ils détruisirent l’armée, & perdirent en 24 heures 100 lieues de pays en Allemagne.
L’Angleterre érigea à la gloire de son Général, un palais immense qui porte le nom de Bleinheim, parce que la bataille d’Hochstet porte ce nom en Allemagne & en Angleterre. L’Empereur le créa Prince de l’Empire.
Marleborough (sic) ayant désaprouvé (sic) trop ouvertement la paix conclue avec la France, fut disgracié par la Reine Anne, dont il avoit été le favori, perdit tous ses emplois, & se retira à Anvers.
A l’avénement (sic) du Roi Georges, successeur de la Reine Anne à la couronne d’Angleterre, Marleborough (sic) fut rappellé (sic) & rétabli dans toutes ses charges, dont il se démit quelques années après. Il mourut en enfance ( sic ????), en 1722, âgé de 73 ans, à Windsorlodg.
On vit le vainqueur d’Hochstet, heureux toute sa vie, un des plus grands hommes de son sicle (sic), & l’idole de sa patrie, jouer au petit palet avec ses Pages, & s’amuser avec des enfants.
Il disoit à un Seigneur François, qui lui faisoit compliment sur ses victoires de Flandres : « vous savez ce que c’est que le succès de la guerre, j’ai fait cent fautes, & vous en avez fait cent une. »
Une anecdote singuliere (sic) sur Milord Marleborough (sic), c’est qu’il a porté toute sa vie les chaînes d’une Demoiselle de Troyes, appellée (sic) Collot ; elle étoit fille d’un Avocat ; son frere (sic) étoit Curé de Neuville.
Ce Héros en devint amoureux à paris ; elle l’a toujours accompagné dans tous ses voyages, à l’armée, dans sa voiture, habillée en homme.
Cette demoiselle Collot est morte avant Marleborough, qui l’a beaucoup regrettee (sic).

La deuxième bataille de Höchstädt, appelée aussi bataille de Hochstett ou bataille de Blenheim, fut livrée le 13 août 1704. Elle fut la bataille la plus importante de la Guerre de Succession d’Espagne.

John Churchill décéda le 16 juin 1722 à Windsor, il avait 72 ans.

Par contre je ne sais pas qui est cette demoiselle Collot. J’aurais aimé pourtant le découvrir, car ce devait être un sacré personnage !

Vous connaissez, bien évidemment, Sir Windson Churchill, né le 30 novembre 1874 et décédé le 24 janvier 1965.
Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que c’était un homme politique britannique, plusieurs fois Premier Ministre, leader du Parti Conservateur, animateur de l’effort de guerre britannique et l’un des protagonistes de la victoire alliée et qui fut prix Nobel de Littérature en 1953 ainsi qu’un peintre très renommé..


Par contre, vous ne savez peut-être pas qu’il était un ascendant direct de John Churchill. Comme tous  les enfants Windson a-t-il chanté « « For He’s a jolly Good Fellow ». en sachant que c’était d’un de ses grands-pères qu’il s’agissait ?

CE FUT DE TOUT TEMPS

Encore un orage !

3 octobre 1783

Le 13 Août dernier, on essuya à Roveredo, ville d’Italie, un grand orage ; la  foudre tomba sur l’Eglise paroissiale de S. Marc, qu’elle parcourut dans toute son étendue, ouvrant toutes les armoires, les portes & les fenêtres. Elle renversa sur l’autel le calice dont se servoit un Prêtre qui disoit la messe, & qui tomba de frayeur. On trouva ses chaussons brûlés, sans que son pied, ses bas ni ses souliers fussent endommagés ; la ceinture de ses caleçons & un morceau de sa chemise étoient également brûlés ; il n’avoit d’autre mal qu’une legere (sic) blessure à la tête, qui avoit été causée par sa chûte (sic). Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que cet Ecclésiastique, àgé de 84 ans, remis à présent de sa frayeur, se porte non-seulement à merveille, mais on dit que depuis cet accident, il n’a plus besoin de lunettes, dont il faisoit auparavant usage ; il marche d’une manière (sic) plus ferme, il se sent plus de forces qu’il n’avoit fait depuis plusieurs années, & il se trouve en quelque sorte ranimé.


Ce qui explique peut-être la pratique de « l’électrochoc » qui se répandit comme soin curatif !

1783 – LA FIN DE L’ANNEE





22 Août 1783

A vendre ensemble ou séparément 3 Maisons, rue du petit Puits. La première, consistante en cave, boutique, cuisine, chambres, cabinet & grenier, est occupée par le sieur Derambur, maître Ecrivain. La seconde, consistante en cave, boutique, 3 chambres, grenier, est occupée sans bail par le sieur le Gay, maître Cordonnier. La troisieme (sic), consistante en cave, boutique, 2 chambres, est occupée par le sieur Vauchel, Tonnelier : il y a toute sureté pour l’acquisition, les deniers devant être remplacés.  S’ad. A M. Castel, Notaire.

La rue du « Petit-puits » a disparu en 1861 lors du percement de la rue Rollon.
Elle avait porté avant les noms successifs de :
·         Rue Ancelin, Asselin, Lancelin
·         Rue des Etuves du Petit-puits
·         Puis enfin, du petit-puits

On retrouva en 1867 le puits qui lui avait donné son nom.
Son emplacement : elle reliait la rue des Sénécaux et la rue Ecuyère. Pas très loin de la rue du Gros-horloge.

J’ai essayé de découvrir qui étaient le sieur Derambur, maître écrivain – le sieur Le Gay, cordonnier et le sieur Vauchel, tonnelier, mais je n’ai rien découvert.



Malbrough s’en va en guerre !

5 septembre 1783

Toutes les Modes ont disparu en un instant au nom de Marlborough ; les coiffures, les frisures, les habits, les chaussures, tout est à la Marleborough (sic) ; les enfants ne chantent autres choses, les aveugles jouent l’air dans les rues ; Si cet homme, trop celebre (sic), revenoit, il auroit lieu de s’étonner. On verra sans doute avec plaisir un extrait de sa vie : tout le monde ne lit pas l’Histoire ; les Romains sont bien plus intéressants.
Chruchill, d’abord comte, puis Duc de Marleborough (sic), nâquit (sic) en 1650 a Ashe en Angleterre, dans le Desvonhire (sic) ; il commença à porter les armes en France sous Turenne ; on ne l’appelloit (sic) à l’armée, que le bel Anglois. Mais le Général François qui s’y connoissoit,  jugea que le bel Anglois seroit un jour un grand homme.
Sa figure, les agréments de son esprit, le rendirent les délices de la Cour de Charles II, Roi d’Angleterre.
Mareleborough (sic) déploya ses talents militaires dans la guerre de la succession de 1701 : aussi grand politique & plus grand Capitaine que n’avoit été le Roi Guillaume, il avoit cette tranquillité  de courage au milieu du tumulte, & cette sérénité d’ame (sic) dans le péril ; en un mot, ce que les Anglois appellent Iold-head, tête froide.
Guerrier infatigable pendant la campagne, Marleborough (sic) devenoit Négociateur aussi agissant pendant l’hiver.

Qui était ce personnage ?

John Churchill, premier duc de Marlborough, naquit en mai 1650 en Angleterre.
Il était le fils de Winston Churchill (1620-1688) et Elizabeth Drake (1622 – 1698).

Il épousa Sarah Jennings le 1er octobre 1678.
Cinq enfants naquirent de leur union :
·         Henriette        1681 – 1733
·         Anne               1682 – 1716
·         John                1685 – 1702
·         Elizabeth        1688 – 1713
·         Mary               1689 – 1751

L’article campe un homme de bel allure, vaillant soldat et aussi habile négociateur, mais vous le saviez déjà, car ayant, j’en suis certain chanté de nombreuses fois la chanson, « Marlbrough s’en va en guerre ! ».
Oui, cette chanson dont les paroles datent du XVIIIème siècle, vit sa mélodie adaptée par les Anglais qui lui donnèrent le titre de : « For He’s a jolly Good Fellow ».
La chanson fut connue à partir de 1781,  sous la plume de Beaumarchais qui l’avait faite chanter par le page dans sa pièce « le mariage de Figaro ».
Cette chanson fut alors très en vogue, autant dans les villes, les campagnes qu’à la Cour du roi de France.


Second couplet !

12 septembre 1783

On ne le suivra pas dans toutes ses campagnes, dont la plus célebre (sic) est celle de 1704, si funeste à la France par la perte de la bataille de Hochtet ou Bleinheim, que les princes Eugene & Marleborough (sic) gagnerent (sic) au mois d’Août sur les Généraux François, dont ils détruisirent l’armée, & perdirent en 24 heures 100 lieues de pays en Allemagne.
L’Angleterre érigea à la gloire de son Général, un palais immense qui porte le nom de Bleinheim, parce que la bataille d’Hochstet porte ce nom en Allemagne & en Angleterre. L’Empereur le créa Prince de l’Empire.
Marleborough (sic) ayant désaprouvé (sic) trop ouvertement la paix conclue avec la France, fut disgracié par la Reine Anne, dont il avoit été le favori, perdit tous ses emplois, & se retira à Anvers.
A l’avénement (sic) du Roi Georges, successeur de la Reine Anne à la couronne d’Angleterre, Marleborough (sic) fut rappellé (sic) & rétabli dans toutes ses charges, dont il se démit quelques années après. Il mourut en enfance ( sic ????), en 1722, âgé de 73 ans, à Windsorlodg.
On vit le vainqueur d’Hochstet, heureux toute sa vie, un des plus grands hommes de son sicle (sic), & l’idole de sa patrie, jouer au petit palet avec ses Pages, & s’amuser avec des enfants.
Il disoit à un Seigneur François, qui lui faisoit compliment sur ses victoires de Flandres : « vous savez ce que c’est que le succès de la guerre, j’ai fait cent fautes, & vous en avez fait cent une. »
Une anecdote singuliere (sic) sur Milord Marleborough (sic), c’est qu’il a porté toute sa vie les chaînes d’une Demoiselle de Troyes, appellée (sic) Collot ; elle étoit fille d’un Avocat ; son frere (sic) étoit Curé de Neuville.
Ce Héros en devint amoureux à paris ; elle l’a toujours accompagné dans tous ses voyages, à l’armée, dans sa voiture, habillée en homme.
Cette demoiselle Collot est morte avant Marleborough, qui l’a beaucoup regrettee (sic).

La deuxième bataille de Höchstädt, appelée aussi bataille de Hochstett ou bataille de Blenheim, fut livrée le 13 août 1704. Elle fut la bataille la plus importante de la Guerre de Succession d’Espagne.

John Churchill décéda le 16 juin 1722 à Windsor, il avait 72 ans.

Par contre je ne sais pas qui est cette demoiselle Collot. J’aurais aimé pourtant le découvrir, car ce devait être un sacré personnage !

Vous connaissez, bien évidemment, Sir Windson Churchill, né le 30 novembre 1874 et décédé le 24 janvier 1965.
Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que c’était un homme politique britannique, plusieurs fois Premier Ministre, leader du Parti Conservateur, animateur de l’effort de guerre britannique et l’un des protagonistes de la victoire alliée et qui fut prix Nobel de Littérature en 1953 ainsi qu’un peintre très renommé..

Par contre, vous ne savez peut-être pas qu’il était un descendant direct de John Churchill. Comme tous  les enfants Windson a-t-il chanté « « For He’s a jolly Good Fellow ». en sachant que c’était d’un de ses grands-pères qu’il s’agissait ?


Quintuplés !

3 octobre 1783

La femme d’un Négociant de Konigsberg, en Allemagne, est accouchée au commencement de Septembre, de cinq enfants, 3 garçons & 2 filles ; tous se portent bien, ainsi que la mere (sic).

Rien sur cette famille allemande dont le nom ne nous est pas révélé. Mais le fait étant remarquable, j’ai souhaité vous le soumettre.
Il est dit que les enfants se portaient bien, mais ne devant pas être très gros, ont-ils vécu longtemps ?


Encore un orage !

3 octobre 1783

Le 13 Août dernier, on essuya à Roveredo, ville d’Italie, un grand orage ; la  foudre tomba sur l’Eglise paroissiale de S. Marc, qu’elle parcourut dans toute son étendue, ouvrant toutes les armoires, les portes & les fenêtres. Elle renversa sur l’autel le calice dont se servoit un Prêtre qui disoit la messe, & qui tomba de frayeur. On trouva ses chaussons brûlés, sans que son pied, ses bas ni ses souliers fussent endommagés ; la ceinture de ses caleçons & un morceau de sa chemise étoient également brûlés ; il n’avoit d’autre mal qu’une legere (sic) blessure à la tête, qui avoit été causée par sa chûte (sic). Ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est que cet Ecclésiastique, àgé de 84 ans, remis à présent de sa frayeur, se porte non-seulement à merveille, mais on dit que depuis cet accident, il n’a plus besoin de lunettes, dont il faisoit auparavant usage ; il marche d’une manière (sic) plus ferme, il se sent plus de forces qu’il n’avoit fait depuis plusieurs années, & il se trouve en quelque sorte ranimé.

Ce qui explique peut-être la pratique de « l’électrochoc » qui se répandit comme soin curatif !


Avis de recherche !

17 octobre 1783

Les parens (sic) du nommé Jean-Baptiste Bochet, fils (le « de » omis) Jacques, & de Françoise Hotin, de la paroisse Duboisbordel, Diocèse de Rouen, demandent de ses nouvelles, s’il existe, ou des renseignements sur sa mort ; il est absent depuis environ 21 ans, & partit, soi-disant, pour faire son domicile à Paris. On prie d’en donner avis, à Rouen au sieur Dormeny, au Bureau des Mesureurs de Grains, Place de la Basse-vieille-Tour.


Pourquoi avoir attendu 21 ans ?

Il ne s’agit vraisemblablement pas de « duboisbordel », mais de « Bosc-Bordel », une commune de Seine-Maritime du pays de Bray, à quatre kilomètres de Buchy.
La faute n’est pas bien grande car « Bosc » signifie « Bois », auquel il a été ajouté « Bordel » qui devait être le patronyme d’un ancien propriétaire du lieu.

Jean-Baptiste Bochet a-t-il été retrouvé grâce à cet article ? Je ne peux vous le confirmer n’ayant rien trouvé le concernant, lui et sa famille.


Eruptions volcaniques

14 novembre 1783

Le premier jour de la Pentecôte de cette année, il s’est formé dans le Mont Skaftan, situé dans le district de Skafefield, un volcan qui s’est tellement developpé (sic), que tout le lac a été desséché, & ne forme plus qu’un terrein (sic) pierreux. Deux Eglises & huit maisons de paysans ont été brûlées à la fois & ne sont plus qu’une masse de pierres calcinés ; suivant les rapports qu’on enreçoit, la flamme rouloit comme une mer agitée, & embrasoit tout ce qu’elle rencontroit, de manière que terre, pierre, tout étoit enflammé ; on auroit dit un feu violent qui tantôt se répand avec impétuosité, tantôt ne suit sa marche qu’avec lenteur. D’après ces derniers avis, ce terrein (sic) de feu s’étend de plus en plus, de sorte qu’on peut dire avec certitude qu’il a déjà envahi un espace de terrein (sic) de plus de sept milles de large sur quatorze de long. Ce n’est pas à cela seul que ce (sic) réduit le mal ; on peut présumer, avec beaucoup de vraisemblance, qu’il est beaucoup plus considérable ; les vapeurs de soufre, de salpêtre, de cendre & de sable exhalées de la terre, ont tellement obscurci l’atmosphère, que tout le pays est abîmé dans les horreurs d’épaisses ténebres (sic). Depuis le huitieme (sic) jour après la Pentecôte, il a été impossible de voir et de distinguer le soleil, si ce n’est à son lever & à son coucher ; & alors il paroissoit comme une masse de fer rougie au feu & environnée d’une vapeur épaisse. Cette terrible nuit empêche d’avoir des détails plus circonstanciés, & l’on ne sait pas encore  positivement combien de nouveaux volcans se seront formés, & sur quelle étendue de terrein (sin) ce phénomene (sic) terrible de la nature se sera développé (sic). Ce qui mérite d’être remarqué, c’est que l’on distingue des éminences & de hautes montagnes mêmes (sic) dans les lieux où il n’y avoit ci-devant que des plaines. L’isle (sic) nouvelle, sortie du sein des flots, près des côtes de Kugleskiares, s’étend de plus en plus & brûle continuellement ; les pierres calcinées qui s’en élèvent, sont lancées jusques sur le rivage opposé. On ne peut pénétrer ce qui résultera de ces phénomenes (sic) nouveaux ; mais on pense, avec effroi, aux suites funestes qu’ils paroissent annoncer.


Les tremblements de terre et éruptions volcaniques en Islande se produirent pendant de nombreux mois, répandant une grande mortalité dans le pays et une immense misère.