lundi 16 avril 2018

HISTOIRE POUR LES ENFANTS SAGES ET .......... LES AUTRES - Il était une fois.


Il était une fois.......

Il était une fois une fillette. Elle ne devait pas encore avoir quatre ans.
Vive espiègle, remuante, épuisante même, car toujours en mouvements et curieuse de tout, elle passait son temps à chantonner et se raconter des histoires.
Et quelles histoires !
Compréhensibles pour elle seule, car exprimées avec ses mots, ses mots de bambine qui n’intéressaient pas plus que cela les adultes.

Dans la propriété familiale, fort modeste, mais qui avait l’avantage d’être close de murs et agrémentée de nombreuses petites dépendances, se dressait une maison en briques. Propriétaire qui possédait également une cour et un jardin-potager.
L’ensemble avait une superficie peu étendue, mais immense et riche en recoins pour la fillette qui en avait fait son domaine de jeux et surtout de rêverie.
Tout endroit se transformait en domaine féérique où son imagination jaillissait comme un torrent de montagne.

Comme elle parlait sans cesse, les adultes finissaient par ne plus faire attention à ses discours devenus bruit de fond..... Les adultes, lorsqu’ils quittent l’enfance, oublient vite l’enchantement de leurs premières années, trop occupés qu’ils sont aux problèmes du quotidien et aux soucis de l’avenir.
Alors, cette fillette allait parler aux animaux, car dans la propriété, il y avait, entre autres, quelques lapins.
Malheureusement, ceux-ci ne pouvaient s’évader de leur clapier, aussi, après une brève conversation en leur donnant un peu de paille à grignoter au travers du grillage, l’enfant trouvant l’entretien banal et tristounet, s’en allait ailleurs en quête d’un autre interlocuteur, plus éloquent celui-là.
Une chance, il y avait aussi Moussette, la chatte noire, plus disposée à écouter tout en surveillant alentour, mine de rien, le discours incessant. Une auditrice docile qui pouvait restait longtemps surtout si, en même temps, elle pouvait se chauffer au soleil.
Une aubaine pour la petite pipelette qui racontait, racontait, racontait.... tandis que la chatte dirigeait ses oreilles en fonction des inflexions de la voix enfantine.
Bon public, Moussette, devant cette actrice en herbe qui déclamait en faisant moult mimiques.
La chatte écoutait, visiblement, elle comprenait tout ce babillage, toute cette mise en scène qui aussi la berçait.

Cette petite fille aimait aussi dessiner, gribouiller aurait dit les adultes qui ne voyaient pas l’aspect créatif et artistique des chefs-d’œuvre illustrant à merveille les histoires et chansonnettes inventées.

Ce jour-là, la bambine fut appelée d’une voix impérative.
C’était la voix de papa.
Innocemment, docilement, elle s’approcha avec tout de même un peu d’anxiété.
La voix paternelle n’avait pas la douceur accoutumée pour un petit câlin, mais la dureté des moments de colère. Le regard paternel n’avait rien de chaleureux non plus. Il était noir et dur !
L’index de papa, dirigé vers le mur en brique, désignait des inscriptions, style hiéroglyphes, dessinées à la craie !
« Qui a écrit sur le mur ? » tonna la voix de papa.

La petite fille se dit qu’il fallait faire attention à la réponse afin de ne pas attiser plus encore, le courroux paternel.
« C’est toi ? » demanda papa.

Médusée qu’elle était la gamine. Elle sentait bien que la punition allait être exemplaire. Alors, d’une petite voix, du haut de ses quatre ans à peine, elle répondit avec aplomb !
« C’est Moussette. C’est elle, je l’ai vue ! »

Devant ce qu’il pressentait fortement être un mensonge, papa donna deux claques sur les fesses de sa fille – une pour avoir écrit sur le mur, la seconde pour l’évident mensonge – qui bien évidemment se mit à pleurer.
Après ces deux claques, papa réitéra sa question qui reçut la même réponse.
Non, c’était Moussette la coupable ! C’était la vérité !

Rien n’y fit. Ni la grosse fessée qui suivit, ni les punitions.
L’enfant ne changea rien à sa réponse.
C’était Moussette, un point c’était tout.

Quelle imagination tout de même ! Quelle petite menteuse entêtée !
C’était ce que papa avait pensé et voilà pourquoi, il avait sévi.
Il n’avait pas dû voir, papa, que Moussette s’était enfuie, pour se cacher. Cette fuite n’était-elle pas la révélation de sa culpabilité ?
Non ! Jamais, à aucun moment, il ne s’était dit, papa, que c’était évidemment Moussette qui avait écrit et dessiné sur les briques du mur et que son adorable petite fille n’avait pas menti.
Les parents sont vraiment très obtus.

Des dizaines d’années plus tard, cette histoire revenait sans cesse lors des réunions familiales.
Mais, Petite fille, devenue adulte, n’avait jamais varié sa réponse, accusant toujours Moussette du méfait qui n’était, tout compte fait, pas si grave que cela.
Une telle obstination, si longtemps après, n’était-elle pas le signe de l’innocence, contre cette injuste accusation ?

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